pourquoi un chien castré peut voir améliorer son hyperréactivité par un anti-testostérone ?

15/01/2022

pourquoi un chien castré peut voir améliorer son hyperréactivité par un anti-testostérone ?

J’ai été ravie ce matin de lire la théorie du Dr. Joel Dehasse sur « pourquoi les chiens/chiennes stérilisé(e)s peuvent produire des comportements d’animaux non stérilisés » (chevauchements, marquage urinaires, agressivité …) même avec un taux de testostérone à 0. Je résonne de la même manière que lui depuis un certain temps à ce sujet donc cela m’a fait plaisir qu’il ait partagé la publication qui suit sur ses réseaux sociaux ! 

Le lien entre dérèglement fonctionnel et besoin irrépressible du corps à trouver son équilibre (homéostasie) semble indéniable. Lui retirer la possibilité de produire une hormone indispensable (en l’occurrence ici la testostérone) le pousse à se réguler (à combler) par d’autres moyens. Le cas échéant, la production des hormones analogues ou complémentaires à une fonction organique spécifique parait logique et la théorie de Joel l’explique très bien. Vivement des validations scientifiques consistantes à l’appui pour pouvoir faire avancer les choses en la matière.

 

Relais du post facebook du Dr.Joel Dehasse - 15.01.2022 :

Il y a quelque chose de bizarre dans les hormones (sexuelles) ! 

On me demande : « pourquoi un chien castré peut voir améliorer son hyperréactivité par un anti-testostérone ? » 
Ou pourquoi un chien peut exprimer une hypersexualité avec un taux de testostérone à 0 ? 
Dans la même idée : pourquoi une chienne peut être lactante avec un taux de prolactine à 0 ? 
Ou pourquoi un chien peut être hypothyroïdien avec une T4 et une T3 normales, mais un cortisol effondré ?

Comprendre l’effet des hormones est infiniment complexe. Je suis en pleine découverte de ces bizarreries. Et je partage avec vous quelques trouvailles. 

 

Je reviens à la question : : « pourquoi un chien castré peut voir améliorer son hyperréactivité par un anti-testostérone ? » 
Si les testicules ont été enlevés, peut-il encore produire de la testostérone ? Et si sa testostérone est à 0 dans l’analyse de sang, comment un anti-testostérone peut encore avoir un effet quelconque ? 

Eh bien, c’est très simple. 

Il y a de nombreux androgènes (hormones masculinisantes) : la testostérone, le DHEA (déhydroépiandrostérone), l’androstènedione, l’androstenediol, la DHT (dihydrotestostérone, ou androstanolone) et son métabolite l’androstanediol glucuronide, et d’autres encore. 
Ces androgènes sont produits dans les testicules, mais aussi dans les surrénales, un peu dans le foie, la graisse… 
Ces androgènes ont une affinité pour les récepteurs AR (androgen receptor) de la membrane cellulaires et de la membrane du noyau, et ont un effet épigénétique : ils modulent l’expression des gènes, qui vont coder pour des protéines. La plupart de l’action des hormones devrait être attribué aux milliers de protéines synthétisées. 


Au niveau comportement, les androgènes sont des accélérateurs de l’excitation, de la proactivité sociale, de la sexualité (et comportements dérivés), et de la réactivité, de l’irritabilité, des changements d’humeur et des crises de colère (rage). 


Donc, si on enlève les testicules, on enlève une source de production de testostérone, mais on n’enlève pas tous les androgènes. Mon hypothèse est que le corps, en manque de testostérone, va activer la production d’autres androgènes (et œstrogènes) pour essayer de fonctionner normalement (homéostasie) mais il y arrive difficilement parce que la balance des hormones est faussée. Par exemple, le chien va produire plus de DHT, trois fois plus active que la testostérone, mais toxique, et facilitant les alopécies androgéniques et les hyperplasies de la prostate et les comportements sexuels excessifs : marquage urinaire, chevauchement, agrippement, flehmen sur odeurs d’urine, reniflement du périnée (des humains), vol de chaussettes et lingerie (féminine), érections, masturbation, etc. 


Et les médicaments bloqueurs de AR, appelés anti-testostérone, en fait antiandrogène, bloquent l’action épigénétique de tous les androgènes. Et donc ces médicaments antiandrogène réduisent la réactivité quand celle-ci est accélérée par les androgènes. C’est une façon élégante de tester la présence (et l’effet) des androgènes (même quand le dosage de testostérone est à zéro). 


Source : Dr.Joël Dehasse - le 15 janvier 2022 -  facebook : https://www.facebook.com/Dr.Joel.Dehasse