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Les bienfaits de l'os à moelle

04/11/2021

Les bienfaits de l'os à moelle

 

Comme d’habitude sur ce blog : « pas d’affirmations sans preuves ». C’est la règle. Et les os alors ?
 

C’est seulement en 2016 (Marx et al) qu’une étude de l’efficacité de la mastication d’un os a été publiée, avec, cerise sur le gâteau, la comparaison de 2 os différents. Et une étude de 2020 (Pinto et al) vient le confirmer…


ATTENTION : il ne s’agit pas de n’importe quel os, et les recommandations suivantes sont évidemment a bien suivre pour éviter des problèmes bien plus graves que le tartre, notamment perforation digestive (qui peuvent arriver avec les os plus fins et plus cassants), ou les excès de minéraux et troubles associés jusqu’à occlusion intestinale (qui peuvent arriver quand la quantité d’os consommé est trop grande) .

 

1- quel os donner pour limiter le tartre ?

 

On choisira un os à moelle de Boeuf plutôt que de Veau, pour qu’il soit plus dur. C’est le milieu du fémur qui est intéressant.
L’idée est que le chien puisse jouer avec l’os, en le mâchouillant, mais en le consommant le moins possible.
Il faut seulement veiller à ce que l’os soit assez gros par rapport au chien pour qu’il ne puisse pas l’avaler.

 

ATTENTION Donner un gros os rond (l’extrémité du fémur) est intéressant mais nutritionnellement plus risqué car l’os est facilement consommé (parfois totalement consommé) en 24 heures, et cela représente un très (trop) gros apport de minéraux… A éviter donc.

 

2- le retour du tartre est-il ralenti ou le tartre disparait-il ?

 

Avec l’os à moelle, le tartre disparait.
Dans l’étude de 2016, le tartre recouvre initialement les dents sur une zone représentant 38 à 42% de la surface dentaire. La surface couverte de tartre a été réduite de 70% en 12 jours de distribution d’un os de 125g chaque jour, et de -88% en 3 semaines, à raison de 1 os de 240 grammes par jour, à des chiens Beagle (poids 10-15kg).

 

Outre que le chien consomme trop facilement l’os spongieux (le gros os rond), la réduction de la surface couverte par le tartre est plus faible, c’est donc moins intéressant. Cela n’est pas confirmé dans l’étude de 2020.

 

3- est-ce risqué pour les dents ? la consommation d’os entraine-t-elle un risque de fracture dentaire ?

 

On ne constate aucune cassure ni attente dentaire ni dans l’étude de Marx et al, qui donne un os à moelle de boeuf assez grand tous les jours pendant 3 semaines, ni dans l’étude de Pinto et al.

 

4- est-ce que l’on peut donner un os aussi à un petit chien comme un yorkshire terrier ou un chihuahua ?

 

Pourquoi pas ? Il suffit d’adapter la taille de l’os au chien, pour qu’il ne puisse pas l’avaler. Rappelez vous que le Yorkshire est avant tout un chien Terrier, qui adore débusquer les lapins ! Quand au chihuahua, allez expliquer à celui de la photo que l’os n’est pas pour lui !

 

5- faut-il laisser ou retirer la moelle ?

 

Si le chien reçoit un os pas jour, et que son besoin calorique n’est pas très élevé, en effet, comme la moelle (la partie rouge opale qui se trouve au centre de l’os) peut être partiellement retirée pour éviter que le chien en consomme trop.

 

6- faut-il donner l’os cru ou cuit ?

 

L’étude de Marx et al. a été faite avec les os crus. L’étude de Pinto a été faite avec des os autoclavés (stérilisés), que l’on peut qualifier de cuits. Les deux donnent des résultats similaires contre le tartre.

 

Si vous demandez un os à votre boucher, ou si vous l’achetez au supermarché, au rayon frais ou congelé, sa qualité sanitaire doit permettre de le donner cru. En cas de doute, vous pouvez le faire bouillir quelques minutes.

 

7- quels sont les autres moyens de diminuer le tartre chez le chien ?


Jusque là, les preuves existaient de l’efficacité du brossage des dents, si il est quotidien et non sporadique (Buckley et al., 2011), de la consommation de certaines croquettes (Jansen et al., 1995), de l’apport d’un friandise spécialement distribuée pour ralentir le retour du tartre, avec des effets mesurés -17% de dépôt de plaque dentaire et – 45% de dépôt de tartre durant 4 mois (Hennet et al., 2006) et durant 70 jours dans une autre étude (Clarke et al., 2011).

 

Une ration ménagère non équilibrée (manque de protéines, calcium, vitamines) est à l’origine de troubles bucco-dentaires à long terme. Mais donnée seule, une ration ménagère (sans qu’il soit précisé si elle est équilibrée ou non) est associée a plus de risque de problèmes dentaires que des croquettes. D’où l’intérêt d’un os, sinon par jour, mais au moins une ou deux fois par semaine (là, pas de publication, c’est plutôt l’expérience de l’auteur qui parle !).

 

8- Quand on donne un os à moelle une ou 2 fois par semaine avec une ration ménagère, faut-il laisser Vit’i5 ou le supprimer les jours avec os ?


Si on donne un os à moelle de Boeuf, c’est justement parce qu’il est rongé et occupe le chien mais aussi parce qu’il est pas ou peu consommé. L’os apporte un peu de calcium et phosphore, mais vraiment peu. On doit laisser Vit’i5 , car il apporte certes calcium (et éventuellement phosphore) mais aussi les vitamines et oligo-éléments que le reste de la ration, et l’os, n’apportent pas.

 

Cet article a été rédigé par le Dr Vet Géraldine Blanchard - Blog : Cuisine à crocs

 

Sources…
Marx et al. Raw beef bones as chewing items to reduce dental calculus in Beagle dogs. Aust Vet J. 2016 ;94(1-2):18-23.
Pinto et al.  Evaluation of teeth injuries in Beagle dogs caused by autoclaved beef bones used as a chewing item to remove dental calculus. PLoS ONE, 2020; 15(2): e0228146.
Hennet et al. Effectiveness of an oral hygiene chew to reduce dental deposits in small breed dogs.J Vet Dent. 2006;23(1):6-12.
Clarke et al. Effectiveness of a vegetable dental chew on periodontal disease parameters in toy breed dogs.J Vet Dent. 2011;28(4):230-5.
Buckley et al. The impact of home-prepared diets and home oral hygiene on oral health in cats and dogs.Br J Nutr. 2011;106 Suppl 1:S124-7.
Jensen L et al. Reduction in accumulation of plaque, stain, and calculus in dogs by dietary means. J Vet Dent. 1995;12(4):161-3.

La balade exploratrice – Un geste santé pour le chien !

31/10/2021

La balade exploratrice – Un geste santé pour le chien !

Le chiens domestique est amputé de libertés fondamentales. Malgré la cage dorée et confortable que nous lui offrons et malgré tout l’amour que nous lui portons, il est un détenu dépendant de l’humain pour répondre à ses besoins vitaux (manger, se soulager, dormir, se détendre, se défouler…). Ce contexte de domestication le fragilise. Le manque de stimulations lié aux conditions de vie facile joue un rôle dans l’affaiblissement de ses capacités cognitives, sensorielles et émotionnelles. Beaucoup de chiens souffrent d’hypersensibilité et d’hyper-réactivité (agression, fugue, attaque de prédation, destructions, troubles compulsifs comme la gloutonnerie ou le besoin de lécher, malpropreté, aboiements intempestifs…). D’autres chiens, au contraire, sont peu réactifs (manque d’entrain pour jouer, pour courir …) et se renferment sur eux-mêmes en présentant un comportement léthargique et de lassitude (dort beaucoup, abandonne vite). Un autre phénomène naturellement lié aux conditions de vie et au mode relationnel que nous entretenons avec le chien est une source d’anxiété. On le connait sous le nom d’hyper-dépendance ou d’hyperattachement.


Selon les données éthologiques, la structuration d’un groupe de chiens n’est pas fondée sur le concept « dirigeant-dirigé » à l’unilatéral avec un sujet dominant qui gouvernerait dans son royaume. Chaque chien selon ses capacités, son expérience et sa personnalité, propose des initiatives permettant de répondre aux besoins essentiels (se nourrir, se reposer en sécurité, se reproduire…). 


Dans notre monde d’humains, le chien a principalement un rôle zoothérapeutique. Il est utilisé comme un élément participant à notre bien-être au quotidien. Il nous tient compagnie, il nous divertit, il nous attendrit, il nous protège et il nous rassure. Il doit s’adapter à la personnalité de chaque membre de la famille. Il doit supporter nos sauts d’humeur, notre rythme de vie et il doit se contenter des interactions que nous lui proposons. Pourtant certaines situations génèrent involontairement un stress récurent chez le chien (fougue des enfants, débordements d’affection des personnes en mal d’amour, propriétaire sédentaire …). De plus le chien est contraint à de nombreuses règles liées au contexte socioculturel et environnemental dont lequel il évolue.


Même s’il est impératif d’inculquer des règles de vie au chien afin d’éviter les accidents (chute d’un cycliste, agression d’un enfant, aboiements préjudiciables pour les voisins…) et de lui apporter une structuration mentale lui permettant d’’évoluer sereinement dans notre monde d’humains, il est nécessaire de lui offrir des moments de lâche prise et de liberté intellectuelle. 

 

La balade exploratrice que je propose ici utilise le fonctionnement relationnel propre à l’espèce canine en appliquant le lien d’affinité et de leadership du chien domestique (canis lupus familiaris).

 

Les avantages de la balade exploratrice : 

-    Elle permet d’enrichir la base de données sensorielles de l’animal (bruits, odeurs, ressentis tactiles, indications visuelles) afin de renforcer les bonnes réponses comportementales de l’animal face à tous types de stimuli (train, chevaux, école, marché, chat, chemin bitumé, terre, bourrasque de vent …).
-    Elle permet de stimuler le cerveau du chien qui devra réfléchir, analyser et répondre à son environnement (communication sémiochimique, mémorisation des données et balisage géographique …) pour guider son humain et pour se mettre à jour dans sa correspondance sociale. 
-    Elle permet de travailler sur la socialisation (rencontre avec d’autres chiens), la familiarisation (habituation au monde extérieur, humains, animaux…) et les apprentissages éducatifs (ordres directionnels et de contrôle).
-    Elle permet de répondre aux besoins en dépenses physiques du chien à condition de respecter son rythme individuel (chien arthrosique, chien actif, chien malade, petit chien, chien endurant …). 
-    Elle joue un rôle dans la régulation de l’homéostasie sensorielle et émotionnelle (équilibre interne) du chien car elle nourrit certains de ses besoins en influant sur ses réactions (prédation, frustrations, agression, fuite, boulimie, irritabilité …). Le chien se sent plus apaisé et engrange des données positives pour lui.  

 

La balade exploratrice adéquate vu par mon œil de comportementaliste. 


Il est impératif de respecter les possibilités physiques et mentales du chien pour lui proposer une balade adéquate afin de récolter les effets bénéfiques escomptés. Cela veut dire qu’il faut tenir compte de divers paramètres listés ci-après : 


-    L’état de santé physique : Il est important de faire un bilan vétérinaire une fois par an pour connaitre les faiblesses de son chien car elles devront être prise en compte dans le choix des terrains d’exploration que vous lui proposerez et dans la manière dont vous réagirez envers lui. Il est impératif de savoir si son animal ne souffre pas de douleurs, de dégénérescence locomotrice, d’embonpoint, de fatigue liée à l’âge ou à une maladie, d’une baisse des perceptions sensorielles de ses acuités visuelles, auditives, olfactives, gustative et tactiles (…) afin d’avoir des données précises sur ses possibilités et d’adapter la durée et le rythme de la balade.

-    La personnalité : Chaque individu à sa propre personnalité. La génétique et les expériences de vie (l’inné et l’acquis) font de chaque chien, un être unique. L’environnement global (les interactions sociales, les conditions climatiques, la nourriture ingérée, le budget temps accordé…) influent sur l’évolution et l’expression de ses comportements. Si votre chien a peur de certains stimuli, s’il est réactif à certains déclencheurs ou bien encore s’il est irrésistiblement attiré par certains éléments environnementaux, il est important d’en tenir compte pour adapter les contextes d’exploration proposés à votre animal. 

-    Le contrôle et l’apprentissage d’ordres directionnels : Pour pouvoir proposer une balade exploratrice dont le chien serait le leadership, il faut rester maitre de l’environnement et reprendre le lead ponctuellement pour éviter les accidents. Cela nécessite d’apprendre au chien lors de séances éducatives à écouter et collaborer en obéissant à vos directives (Stop, pas bouger, en avant, derrière, pas toucher, viens, au pied). Si votre chien peut avoir des réactions inappropriées, l’utilisation d’une longe et d’une muselière Baskerville seront des éléments de sécurité très utiles pendant la balade exploratrice. 

 

 

Cas pratique avec l’exemple de Craquotte (ma chienne).

 

       


Craquotte est une petite chienne de 6kgs (croisé pinsher) hypersensible. Elle est issue de l’ile de la réunion et souffrait d’un syndrome de privation sensorielle ainsi que d’un stress post-traumatique. Les cicatrices présentes autour de son cou sont les tristes vestiges de son histoire passée. Elle présente un tempérament de chien féral (chien de la rue). Elle n’apprécie pas forcement la proximité des humains non-familiers et elle a un seuil de tolérance faible envers certains de ses congénères lorsqu’ils sont plus grands, trop volubiles ou trop insistants.  


Elle est arrivée à la maison à l’âge d’un an et demi. A l’époque, elle était malpropre, elle ne connaissait aucuns apprentissages éducatifs et elle était très apeurée par de nombreux stimuli environnementaux (phobie complexe). Cependant elle a présenté dès le départ, un grand intérêt pour l’exploration notamment par le sens olfactif. 

Après 5 ans de vie commune et une désensibilisation progressive, Craquotte est à ce jour, une petite chienne bien dans ses pattes et très obéissante. Elle restera toujours fragilisée et réactive mais ses comportements sont plus pondérés et lui permettent de répondre correctement au contexte de vie proposé à ce jour.  

Pour apaiser Craquotte et lui permettre de se familiariser aux stimuli qui la font réagir avec tant d’émotivité, je lui propose tous les matins une balade exploratrice en partant de la maison. Nous avons la chance d’habiter dans une zone riche en itinéraires variés car nous avons au choix, la ville (marché, gare, magasins…), le village historique, la forêt, un grand parc avec des étangs et des zones résidentielles autour de chez nous. 

Pour exploiter tous les bienfaits des balades exploratrices , il a fallu respecté plusieurs étapes détaillées ci-dessous : 

 

  • Tout d’abords, j’ai appris à Craquotte à obéir parfaitement dans tous les contextes (ville, forêt…). C’est la clé pour pratiquer la balade exploratrice en toute sécurité. Elle se stoppe dès qu'elle arrive au bord d'un trottoir et elle ne traverse jamais sans moi. Elle s'arrête dès que je lui dis "Stoppe" et ne bouge plus lorsque je lui dis "Pas bouger". Elle n'approche aucun stimulus (autre chien, enfant, vélo...) lorsque je lui dis "Tu laisses". Elle ne touche pas les détritus ou denrées alimentaires jetées par terre lorsque je lui dis "Pas toucher". Elle revient au rappel et marche à côté de moi lorsque je lui dis "Au pied". Elle se place derrière moi lorsque je lui dis "Derrière". Cette dernière commande est très utile pour reprendre le lead aux abords d'un croisement, d'une voie sans visibilité ou si nous voyons au loin, une personne qui appréhende de nous croiser (car elle a peur des chiens ou parce qu'elle se promène avec un chien réactif ou peureux).  

  • Ensuite, j’ai renforcé son sens olfactif en faisant des jeux de fouille.

  • Puis j’ai renforcé notre lien en faisant de jeux de recherche (friandises et champignons).

  • En parallèle, j’ai conditionné ma chienne au retour à la base (cherche maison) pour qu’elle apprenne à pister et me guider. Cela me sert également de signal de fin lors de la balade exploratrice.

  • Puis je l’ai conditionné à me proposer un itinéraire selon son envie du moment. Je me suis imprégnée du positionnement de l’humain derrière son chien qui est utilisé dans la discipline du mantrainling (recherche d’humain). A partir du moment où je prononce le code « On va où ? », elle sait qu’elle a le droit de partir là où elle le souhaite et je la suis.

  • Dès que nous croisons un chien, un enfant, une voiture, un passage piéton, Craquotte ralentit et attend. Elle me regarde afin que je lui dise ce qu’elle doit faire. Une fois le stimulus passé, je lui dis « En avant » afin que je puisse me repositionner derrière elle puis je la laisse repartir à ses expériences sensorielles (sentir, regarder, se rouler par terre, gratter, s’exprimer par les fluides, tourner à droite, faire demi-tour…).  

  • Je respecte son rythme, je respecte son itinéraire même si parfois je me retrouve dans des endroits moins agréables pour moi (comme sur les photos illustrant cet article).

 

J’ai conscience que c’est son moment et qu’il est indispensable à son bien-être et son enrichissement. C’est notamment grâce à cela qu’elle est plus apaisée, qu’elle tolère plus les humains non-familiers et les autres chiens. Je me délecte de la voir si bien chaque jour donc je reste toujours très calme et je me laisse porter par l’instant. Cependant je reste vigilante (mais discrète) aux stimuli environnementaux car je suis la responsable légale de ma chienne et je dois veiller à ce qu’elle ne créé aucune nuisance ni qu’elle ne soit la source d’aucun danger. Mais j’essaie toujours de réagir posément et par anticipation pour ne pas influer sur ses réactions émotionnelles (sauf lorsque je renforce ses bonnes réactions).

  • Une fois que le temps alloué à sa balade exploratrice est écoulé, je lui donne l’indication « Cherche maison ». Elle se met en mode travail à ce moment-là pour effectuer une séance de housetrailing et me ramène à bon port. Une fois arrivée, je la félicite et je lui donne son repas du matin.

Craquotte ne présentant ni trouble alimentaire compulsif (elle mange doucement sa gamelle et elle ne mange rien à l’extérieur) ni besoin fort de prédater (attaque de prédation ou pistage du gibier), je respecte l’ordre naturel des phases rythmiques de prédation (phases de nourrissage psychique et physique). La phase consommatoire étant antérieure à la phase de satiété, je lui propose donc une balade exploratrice le matin avant de lui proposer une bonne gamelle qui vient finir de la rassasier et de l’apaiser. 

 

         

 

Article écrit par Valérie Cantaloube - Comportementaliste pour chien et chat

Donner de la viande crue à son animal. Qui l'eut cru !

25/10/2021

Donner de la viande crue à son animal. Qui l'eut cru !

Donner une alimentation qui apporte plaisir, apaisement et satiété est une clé essentielle au bien-être et à l'équilibre psychique de l'animal. Celui-ci doit pouvoir prendre le temps de sentir, gouter, mastiquer, lécher et croquer. Il doit pouvoir manger sans être frustré ni se sentir importuné ou en danger. Cela veut dire qu'il faut tenir compte de ce que nous lui proposons à manger mais il faut également tenir compte de facteurs environnementaux (endroit du nourrissage, temps de nourrissage, activités autour du nourrissage, moment du nourrissage ...) afin qu'ils soient adaptés à ses besoins spécifiques.


Plusieurs formes alimentaires nous sont proposées à ce jour pour nourrir nos chiens et nos chats (croquettes, pâtée, BARF, ration ménagère, ration mixte ...). Le tout est de choisir celles qui sont adaptées à l'individualité de notre animal (physiologique et psychologique). Pour y arriver, il faut prendre en compte les bénéfices/risques de chacune d'entre elles. Le plus sage est de se faire conseiller par un spécialiste en la matière afin de ne pas commettre d'erreurs car la nutrition est une vraie science qu'il faut savoir maitriser. 


Les conséquences d'un déficit nutritionnel ne sont pas forcément visibles immédiatement. Elles peuvent apparaitre au bout de quelques mois, voire des plusieurs années. Elles peuvent être graves voire fatales pour l'animal (parasitose, dénutrition, dégénérescence cellulaire, malformation, maladie chronique, affection ou tumeur...).


Ce que l'on sait moins, ce sont les conséquences lors d'une prise alimentaire répétée sous certaines formes. Elles peuvent être dangereuses pour l'environnement de l'animal comme l'explique très factuellement (rapports d'études à l'appui), le Dr.Devaux Charlotte (spécialiste en nutrition vétérinaire) dans l'article ci-dessous sur l'ingestion de viande crue. 


Loin de moi l'idée de vouloir faire culpabiliser ou d'accabler ceux qui donnent du cru à leurs animaux, il me semblait important (par respect pour eux et pour leurs animaux), de leur apporter des indications complémentaires. Cela vaut également pour ceux qui n'auraient pas encore essayé et qui se poseraient des questions à ce sujet.


Pour ma part, je ne mangerai pas de viande crue ou de poisson cru tous les jours par peur des risques de la contamination par les micro-organismes que cela comporte. Il me semble donc naturel de ne pas faire subir ce risque à mes animaux. Cependant chacun est libre de ses choix. Il est important dans tous les cas, de comprendre la teneur de ceux-ci afin de prendre des décisions responsables et bienveillantes envers nos animaux. Cet article pourra peut-être vous y aider et c'est dans ce but uniquement que je le partage ici. 


Bonne lecture à vous !

 

Article publié le 13.10.2021 par le Dr. DEVAUX Charlotte (vétérinaire spécialisée en nutrition) – Source linkedin

https://www.linkedin.com/pulse/la-mode-de-viande-crue-tue-charlotte-devaux/

 

Le cru est considéré par ses adeptes comme la panacée absolue, capable de guérir jusqu’à la leishmaniose. Dans une étude sur les motivations des propriétaires à donner un régime cru à leur animal, la première était « pour respecter la nature carnivore ancestrale du chien », et la deuxième « pour donner au chien une alimentation plus saine » (Morelli et al. 2019). Mais le cru est-ce plus sain ?


La viande crue est avant toute chose un aliment contaminé. Durant la vie de l’animal le muscle est stérile mais lors de l’abattage l’étape d’éviscération et de retrait de la peau répand des bactéries superficiellement sur la carcasse. La viande devient alors un aliment contaminé. Lorsque celle-ci est broyée les bactéries sont disséminées dans tout l’aliment. C’est pourquoi les viandes hachées sont considérées comme des produits fragiles à consommer rapidement et cuit à cœur.


Petit tour d’horizon de la littérature concernant la contamination des aliments à base de viande crue :

-      Canada 2002 : 80% des rations BARF maison étudiées sont contaminées par des salmonelles. 30% des chiens consommant ces rations les excrètent dans leurs selles contre aucun de ceux mangeant un aliment industriel (Joffe and Schlesinger 2002).

-      Etats-Unis 2003 : diagnostic de septicémie dû à une salmonellose sur deux chats présentés pour autopsie. Ils étaient nourris au BARF maison. Les mêmes salmonelles ont été retrouvés dans les organes des chats et sur la viande de bœuf crue utilisée pour les nourrir (Stiver et al. 2003). 

-      Canada 2005 : sur 25 aliments crus pour chiens et chats analysés des coliformes ont été retrouvés dans tous les échantillons. 64% des aliments contenaient des Escherichi coli, 20% des salmonelles, 20% des clostridium et 4% des staphylocoques dorés. Une souche toxinogène de Clostridium difficile a été isolée dans un aliment à base de dinde (Weese, Rousseau, and Arroyo 2005).

-      Royaume-Uni 2005 : 70% des échantillons de viande de poulet vendus au détail (boucherie et supermarchés) pour la consommation humaine étaient contaminés par des campylobacter et 4% par des salmonelles (Meldrum and Wilson 2007).

-      Canada 2006 : les chiens d’assistance nourris au cru (soit 20% des chiens étudiés) ou recevant des oreilles de cochon étaient plus à risque d’héberger des salmonelles et des Escherichia coli. La conclusion de l’étude était : "Nous recommandons que les chiens nourris à la viande crue soient exclus des programmes d'intervention assistée par l'animal. Nous recommandons également d'éviter de nourrir les chiens avec de la viande crue dans les foyers où vivent des personnes immunodéprimées. " (Lefebvre et al. 2008)
-      Etats Unis 2014 : sur 480 échantillons de croquettes analysés, un contenait des salmonelles et l’autre des Listeria soit un taux de contamination des croquettes de 0,4%. Sur les 253 aliments crus analysés, 88 étaient contaminés au choix par des salmonelles, des listeria ou des escherichia coli. Cela représente un taux de contamination des aliments crus de 35% (Nemser et al. 2014).

-      Etats unis 2017 : 78% des aliments à base de viande crue pour chats étudiés contenaient des entérobactéries résistantes (beta-lactamase à spectre étendu). 90% des chats consommant ces aliments excrétaient ces bactéries dans leurs selles contre 6% des chats consommant des croquettes (Baede et al. 2017).

-      Australie 2017 : 96% des chiens ayant déclenchés une polyradiculonévrite aigue (pouvant être provoquée par campylobacter) ont consommé du poulet cru contre 26% des chiens témoins. Les chiens ayant eu une polyradiculonévrite étaient 9,4 fois plus susceptibles d'être positifs pour Campylobacter spp par rapport aux chiens témoins. La conclusion de l’étude est « La consommation de poulet cru est un facteur de risque de développement de polyradiculonévrite chez les chiens » (Martinez-Anton et al. 2018).

-      Floride 2017 : un chiot mort d’une entérocolite bactérienne due à une salmonelle retrouvée dans son aliment cru. Deux chatons persans morts après qu’un aliment cru contenant trois sérovars différents de Salmonella a été introduit dans l’élevage (Jones et al. 2019).

-      Pays-Bas 2018 : sur 35 aliments broyés crus industriels de 8 marques différentes des Escherichia coli résistantes (productrice de beta-lactamase à large spectre) ont été retrouvées dans 80% des produits, des listeria dans 54% et des salmonelles dans 20% des produits. Concernant les parasites 22% contenaient des sarcocystis et 6% des toxoplasmes (Bree et al. 2018).

-      Royaume-Uni 2019 : 60 aliments crus industriels de 10 fabriquant différents ont été analysés. Ils contenaient TOUS des enterobactéries dont 50% plus que la limite légale. 2 échantillons contenaient plus de clostridium perfringens que la limite légale. 7% contenaient des salmonelles et 5% des campylobacters (Hellgren et al. 2019).

-      Italie 2019 : 28 % des personnes nourrissant leur chien au cru vivent avec des femmes enceintes, de jeunes enfants, des personnes âgées ou des malades chroniques (Morelli et al. 2019).


-      Brésil 2020 : 35% des chiens nourris au cru étudiés étaient en contact avec au moins une personne à haut risque d'infection (moins de 5 ans, plus de 65 ans, personne immunodéprimée ou femme enceinte). Les analyses de selles ont montré que les chiens nourris au cru avaient 30 fois plus de risque d’être porteur de salmonelle (Viegas et al. 2020).

-      Royaume-Uni 2020 : 47 chats ayant consommé un aliment à base de gibier cru contractent la tuberculose. 83 autres chats sont diagnostiqués atteints mais ne développent pas de symptômes. 4 propriétaires et une vétérinaire sont contaminés. L’aliment est rappelé par le fabricant pour échec de l'inspection réglementaire des viandes de gibier (O’Halloran et al. 2020).


Loin d’être plus sains, les aliments crus, surtout ceux industriels et broyés sont des aliments contaminés potentiellement vecteurs de bactéries multirésistantes. Ils représentent un danger pour la santé publique. Les animaux nourris au cru ne devraient jamais être en contact avec des publics sensibles : jeunes enfants, femmes enceintes, personne âgées ou immunodéprimées.

 

Le saviez-vous . Info.7 = Le 6e sens animal

14/10/2021

Le saviez-vous . Info.7 = Le 6e sens animal

De nombreuses études menées sur les oiseaux, les insectes et les mammifères (dont les animaux de compagnie) montrent que les plantes, les bactéries, les vertébrés et les invertébrés ont tous une sensibilité au champs magnétique terrestre. Mais qu’en est-il chez l’homme ?

Une étude menée en 2019 par le géophysicien « Joe Kirschvink » révèle que le cerveau humain peut également détecter et traiter de manière inconsciente les variations magnétiques de la terre. 

Les moyens technologiques proposés à l’homme moderne pour effectuer un repérage spatial (carte routière ou GPS) ne nécessitent donc plus de faire appel à ce 6e sens inné nommé « Magnétoréception ». Il est pourtant utilisé de manière intuitive (combiné aux autres sens) chez les animaux pour se guider et trouver leur chemin. Encore une fonctionnalité naturelle qui pourrait optimiser notre sens de l’orientation qui est mise de côté sous le coup de l’évolution humaine. Dommage, non ?

 

Article rédigé par Valérie Cantaloube comportementaliste.
Informations extraites du livre de Jessica Serra « Dans la tête d’un chat »

Ma petite victoire contre l'épilepsie essentielle

07/09/2021

Ma petite victoire contre l'épilepsie essentielle

Ganache est un chien qui a été adopté par le biais de la SPA. C'est un brave toutou et un grand sensible. Il présentait une émotivité forte face à certains stimuli. Il ne voyait que par la nourriture (qui était obsessionnelle chez lui) et pouvait chevaucher certains de ses congénères (alors qu'il est castré). Il avait également une grande peur de l'eau et prendre une douche était impossible pour lui.

 

Il y a plus d'un an, sa propriétaire a fait appel à moi pour faire un bilan car son chien commençait à faire des crises d'épilepsie. La régulation neuropsychologique ayant une grande influence sur la lutte contre l'épilepsie essentielle, nous avons élaboré un programme basé sur la baisse de l'hypersensibilité et de l'anxiété de Ganache. 


Grâce à des biais thérapeutiques spécifiques influant sur l'apaisement, la confiance en soi et la gestion de frustrations ainsi que par des ajustements relationnels et environnementaux que son humaine a scrupuleusement appliqués, Ganache est plus pondéré face aux stimuli anxiogènes ou excitatoires pour lui.


En parallèle, nous avons fait des séances d'EMDR pour traiter sa peur de l'eau. Résultats = Il adore aller barboter dans les marres à présent et la douche est un moment bien plus acceptable pour lui.


Finalité = Tout ce travail progressif et adapté aux capacités cognitivo- sensorielles et émotionnelles de Ganache, a traité ses crises d'épilepsie. On a gagné !!!


Je suis vraiment touchée par cette réussite qui me motive à continuer dans mon chemin de la prise en charge psycho-émotionnelle des troubles idiopathiques chez le chien et le chat. Je me nourris de formations, de publications et applique avec créativité des protocoles adaptés à chaque cas. Et ça paie !

 

Un grand bravo à Ganache et sa maitresse pour ce chemin parcouru.    

 

Article écrit par Valérie Cantaloube comportementaliste pour chien & chat.

"Le saviez-vous ?" - Info n.6 = Les pouvoirs du ronronnement du chat

19/08/2021

"Le saviez-vous ?" - Info n.6 = Les pouvoirs du ronronnement du chat

Les vertus thérapeutiques du ronronnement

 

1- les mystères du ronronnement.

La plupart des félins, depuis le chat domestique jusqu'au lion et la panthère, peuvent émettre une vibration profonde et caractéristique: c'est le ronronnement !
Ce ronronnement commence dès le plus jeune âge, et se poursuit très tard. Et bizarrement, on n'en connait pas le mécanisme.
On a longtemps cru à une vibration de replis du larynx, mais des félins ayant subi  une laryngectomie continuent de ronronner (Hardie et al 1981).
Le diaphragme a été évoqué (Stogdale-1985), mais le consensus actuel suggère que le ronronnement est le résultat de mouvements sanguins dans la veine cave : cette veine se rétrécit pour passer dans le foie et le diaphragme, et dans certains états neurovégétatifs, le sang formerait des remous dans cette sorte de goulot, ceci provoquerait des vibrations dans tout le corps, jusque dans les cavités crâniennes du sinus par l'intermédiaire de la trachée artère.

 

En fait, "tout vibre", et le chat présente une attitude caractéristique de "laisser aller". Attitude que l'on a longtemps confondu avec un "gros bonheur". Mais des félins en état de grande souffrance, ou de grande inquiétude sont également susceptibles de ronronner.

 

2- L'énigme des fréquences 25/50 hertz.

 

Si l'on analyse le spectre sonore d'un chat qui ronronne, on voit apparaître principalement des sons très graves, étagés sur des fréquences de 25
à 50 hertz. Il s'agit de "basses", bien connues des compositeurs de musique, car elles permettent de provoquer des émotions. Donc une action directe du son sur un organisme. Une telle action peut-elle être mesurée ?
L'organisation de protection animale Animal Voice, qui étudie de nombreux modes de communication animale, a fait des recherches sur le sujet.
Des médecins orthopédistes ont utilisé l'action de ces fréquences pour consolider des fractures, pour soigner des arthroses délabrantes. Avec pour résultats publiés, une accelération du processus de cicatrisation, de création de tissus nouveaux. En un mot, ces basses fréquences auraient une action anabolisante.

Parallèlement, les chercheurs d'Animal Voice ont trouvé des statistiques dans les universités vétérinaires, indiquant qu'à lésion égale, et à intervention chirurgicale équivalente, les chats auraient cinq fois moins de séquelles que les chiens, et se remettraient en forme trois fois plus vite… D'où l'hypothèse d'une action anabolisante de récupération: le ronronnement aurait une véritable action thérapeutique!

 

3- Bonheur ou détresse ? une phase de récupération.

 

Les vétérinaires, au cours de soins prodigués à des chats en grande détresse, savent que ces animaux blessés, en état de souffrance, trouvent la force de ronronner: on est loin du schéma classique du chat qui se laisse aller de bonheur dans les bras de son maitre…. Pourtant, dans les deux cas, le ronronnement est en phase avec un phénomène de récupération.
Chez le chat "heureux", c'est le sommeil et un état de félicité, qui sont bien connus comme étant une phase d'anabolisme (c'est pendant le sommeil qu'on grandit, que l'on construit des tissus, qu'on structure la mémoire de faits de la journée..).

 

Chez le chat en détresse, on peut l'interpréter comme une réaction désespérée de l'organisme pour résister à la maladie. Cette phase de récupération, de consolidation, est sous l'emprise du cerveau à travers le système neuro-végétatif.


4- Le système neuro-végétatif.


A notre insu, le système nerveux surveille le corps et actionne nos organes. Le rythme du cœur, la tension pupillaire ou la rétention de la vessie, toutes nos grandes fonctions sont sous l'autorité d'un ensemble de fibres nerveuses: le système neuro-végétatif. Ces fibres dites autonomes, car elles ne dépendent pas de notre volonté, agissent sur les fibres lisses de tous les organes: elles contrôlent le passage des aliments, l'entrée et la sortie de l'air, la circulation du sang, etc... Mais ces fibres savent également activer les glandes, et elles contrôlent ainsi l'ensemble de la production hormonale.

Ce système autonome, dont la fonction essentielle est de maintenir l'organisme dans un équilibre vital, comprend deux acteurs, deux réseaux opposés et complémentaires : le système sympathique, et son antagoniste le système parasympathique.

 

Le système sympathique, dont les fibres s'activent en produisant de la noradrénaline, met en jeu toutes nos capacités de défense, avec la mobilisation de toutes nos ressources corporelles: élévation de la tension, du rythme cardiaque, de la glycémie (…). C'est lui qui nous maintient en éveil, en état de vigilance, et qui dose notre agressivité avec la production de dopamine. Lorsque le système sympathique est activé, l'organisme "carbure", et consomme très vite ses réserves, l'ensemble des membranes cellulaires se dépolarise.

A l'inverse, le système parasympathique (qui fonctionne en produisant de l'acétylcholine) a un rôle de rééquilibrage : c'est lui qui freine l'action du précédent, et c'est encore lui qui "répare les dégâts" : il organise la digestion, il pousse à la reconstitution tissulaire (fibroblastes, globules rouges, tissus cicatriciels…), c'est donc un facteur anabolisant. Et c'est encore lui qui pousse à la sécrétion de l'hormone de sommeil, la sérotonine. Cette sérotonine est produite pendant la journée, et elle s'accumule dans certaines parties du cerveau (aires pré optiques), où elle prend le pas sur les facteurs d'éveil : le sommeil peut alors s'installer. Et c'est pendant ce sommeil que l'organisme
reconstitue ses forces : c'est souvent le matin au réveil "qu'on se sent guéri" d'une affection virale ou bactérienne.

 

5- Des souvenirs et des émotions.


Tous les stimuli qui activent le cerveau, qu'ils soient d'origine exogène (bruit, lumière...) ou endogène (pensée, sensation organique...), passent au filtre de deux zones du cerveau dont l'importance est considérable ; l'hippocampe, qui reconnait et catégorise les événements et les objets, et l'amygdale, qui y relie des associations émotionnelles, ainsi que des couleurs.
Voici un exemple : vous voyez dans la rue passer rapidement un scooter bleu...le même modèle que vous aviez il y a quinze ans. Aussitôt, cette vision se cristallise dans l'hippocamp  (appel à la mémoire factuelle), et reprend vigueur au niveau de l'amygdale où elle fait resurgir mille détails sur votre engin, mille impressions ou souvenirs sur sa couleur, l'odeur de sa selle (...) les émotions sont de la partie, car c'était un souvenir fort.

C'est le sens de l'odorat qui constitue l' "input" le plus puissant, devant la vision et l'audition.
C'est ainsi que certains agents immobiliers ont un truc: ils font griller du pain et préparent du café dans l'appartement qu'ils vont faire visiter: les acheteurs potentiels seront ainsi dans l'émotion provoquée, avec des idées évoquées de "famille", "bonheur" et "bienvenue"...


6- Le ronron, comme la "madeleine de Proust" ?


Pour celles et ceux qui ont connu ces merveilleux instants où l'on côtoie une petite boule chaude et soyeuse, collée dans une confiance abandonnée, et qui ronronne bruyamment comme pour proclamer son bonheur, l'écoute d'un ronronnement joue à travers le cheminement hippocampe/amygdale le rôle de la " madeleine de Proust". En écoutant du ronron, on est transporté consciemment dans le pays des souvenirs émus, rejoignant le temps où les soucis n' existaient pas : adieu l'angoisse, au revoir les tracas.

Y a t-il intervention de neurotransmetteurs ou d'hormones ? Une trentaine de facteurs ont été décrits, qui participent à l'induction du sommeil. Leurs interactions sont pour l'instant peu connues, d'autant qu'ils ont tous d' autres activités biologiques. Des zones du cerveau très voisines, en particulier dans l'hypothalamus, voient leurs activités s'entremêler, c'est le cas du centre de l' appétit et de celui de l' éveil. Inversement, les neurones producteurs de sérotonine, issus du tronc cérébral, peuvent être activés alors qu'ils longent l'hippocampe et l'amygdale.

En effet, TOUT SE PASSE COMME SI le souvenir/ émotion déclenché par l'écoute du ronron entrainait la production, ou du moins le relargage de la sérotonine, avec pour effet un état de sérénité qui débouche sur une phase de pré sommeil lent. Des études doivent être menées, en laboratoires de neurobiologie, pour s'assurer du bien-fondé de cette théorie.

 

7- Les explorateurs du ronron.


Le journal Effervesciences a édité un CD audio comportant plusieurs plages de ronronnement, avec ou sans mélodie musicale associée. Plus de 250 lecteurs ou internautes ont commandé ce CD pour étudier sur eux-mêmes les effets d'un ronronnement enregistré. Pour beaucoup, "ça ne vaut pas un vrai chat", ce qui est bien normal.
Une trentaine de " ronronautes " ont pris la peine de relater leurs impressions : en voici un petit florilège.

- Effet très net sur l'endormissement.
- En plus du bruit blanc du ronron familier, il y a, incorporée, une force de vie remarquable d'un être sensible, complexe, qu'est le chat.
- Relaxation profonde avec perception d'une lumière violette.
- Diminution immédiate et notable du stress
- J'ai constaté une activation de la circulation d'énergie avec picotements typiques dans les paumes de la main et des pieds.

Apres 1/4 d'heure, s'installe une respiration ample et profonde avec sensation d' apaisement.
L'écoute de ce CD doit se faire dans le calme, à faible intensité, si possible avec un casque. Ne pas grignoter, et trouver une position confortable.
L'écoute en voiture est formellement déconseillée.

 

Détendez-vous avec Rouky !

A la demande de nombreux "ronronautes" eux-mêmes férus de musiques douces et apaisantes nous avons enregistré 5 morceaux, variant de deux à six minutes, qui réalise un mixage très soigné entre des mélodies et le ronronnement de Rouky, lequel vient en appui dans le rythme et la régularité, avec toujours ce sentiment de présence féline que ne peut
s'empêcher de ressentir l'auditeur.

 

Ces musiques rythmées par le ronronnement de Rouky sont disponibles, tous ensemble ou séparément, par voie de téléchargement sur votre ordinateur, en format MP3.
Après téléchargement, vous pourrez les écouter sur votre ordinateur (avec un casque d' écoute, bien sûr), ou les graver sur un CD, ou encore les glisser dans un baladeur MP3. Du ronron le matin dans l'autobus, ça vous dirait ?

 

Article rédigé par le Dr. J.Y Gauchet (vétérinaire) dans son blog "Effervesciences".