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Violences humaines et animales : un lien prouvé par la science.

28/03/2026

Violences humaines et animales : un lien prouvé par la science.

Certains sujets résonnent de manière particulière, non seulement à travers les observations de terrain et les données scientifiques, mais aussi par l’expérience vécue.


Ce thème fait partie de ceux que je connais de manière personnelle. Il y a plusieurs années, j’ai été confrontée à des violences au sein de mon couple, principalement d’ordre psychologique. Dans ce contexte, ma fille ainsi que mes chiens ont également été impactés.


Avec le temps, le travail effectué et le recul acquis, ces expériences ont pu être intégrées. Elles nourrissent aujourd’hui ma compréhension des mécanismes à l’œuvre dans certaines relations, qu’elles concernent les humains ou les animaux.


Dans cet article, je vous propose d’explorer, à la lumière des études scientifiques et des observations de terrain, les liens étroits entre violences humaines et animales, afin de mieux les comprendre, les repérer et agir en prévention.


C’est dans cette posture, à la fois professionnelle et éclairée par l’expérience, que j’aborde ce sujet aujourd’hui.

Ce que disent les études : un lien massif et documenté.

Depuis plusieurs décennies, chercheurs, vétérinaires et professionnels du social s’intéressent à ce qu’on appelle aujourd’hui “The Link” : le lien entre violences faites aux animaux et violences faites aux humains.

Une revue de littérature majeure (Monsalve et al., 2017), portant sur 96 études, montre que : 94 études sur 96 retrouvent une association entre maltraitance animale et violence interpersonnelle

Les chiffres parlent d’eux-mêmes :

  • Dans les foyers touchés par la violence domestique, 25 % à 86 % présentent aussi des violences envers les animaux
  • Une revue systématique plus récente (Cleary et al., 2021) retrouve des taux allant de 21 % à 89 %

Autrement dit : la co-occurrence est fréquente, solide, et largement confirmée scientifiquement.

Mais attention à la nuance essentielle :

  • Ce lien n’est pas une causalité automatique
  • Il s’agit d’un signal d’alerte puissant, pas d’une preuve unique

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Dans les violences conjugales : l’animal comme levier de contrôle.

L’un des aspects les plus marquants mis en évidence par la recherche concerne les violences conjugales.

Une étude d’Ascione et al. (2007) montre que les femmes victimes de violences conjugales sont 11 fois plus susceptibles de rapporter des violences envers leur animal. Mais ce n’est pas “juste” de la violence parallèle.

L’animal devient souvent :

  • Un outil de menace
  • Un moyen de pression émotionnelle
  • Un levier d’emprise

Certaines études montrent même que des victimes restent plus longtemps dans une relation violente par peur pour leur animal (Gallagher & Allen, 2008).

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Chez l’enfant : un indicateur de souffrance profonde.

Chez les enfants et adolescents, la lecture est encore plus essentielle.

Les recherches montrent que :

  • Les enfants exposés à la violence familiale sont plus susceptibles de reproduire des actes de cruauté envers les animaux (Currie, 2006)
  • Environ 60 % des personnes ayant exercé ou observé de la cruauté animale dans l’enfance ont aussi vécu des violences (DeGue & DiLillo, 2009)

La violence envers l’animal devient alors :

  • Un signal de détresse
  • Un marqueur d’exposition à la violence
  • Parfois une tentative d’expression d’un vécu interne chaotique

Ce n’est pas un comportement à punir uniquement. C’est un comportement à comprendre.

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Le rôle clé du monde vétérinaire.

Aujourd’hui, les vétérinaires sont en première ligne.

Ils sont souvent les seuls à voir :

  • Des blessures suspectes
  • Des incohérences dans les récits
  • Des signes de négligence ou de maltraitance

Les ressources du CNR BEA et de l’association AMAH insistent sur ce point : La maltraitance animale doit alerter sur un possible contexte de violence globale

Mais les études montrent aussi une difficulté : 90 % des vétérinaires connaissent ce lien mais seulement 17 % savent comment agir concrètement (Oellig et al., 2024)

Il y a encore un enjeu majeur de formation et de coordination.

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Ce que disent les expertises françaises.

Les travaux de ANSES apportent un éclairage complémentaire essentiel. Dans son rapport sur les morsures de chien, l’ANSES rappelle que les comportements agressifs ne peuvent pas être expliqués uniquement par l’animal.

Ils doivent être compris à travers :

  • L’environnement
  • Les interactions humaines
  • Le contexte émotionnel
  • Les conditions de vie

Autrement dit : Le comportement animal est aussi le reflet d’un système relationnel.

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Une violence invisible : la maltraitance passive.

Dans mon accompagnement, je rencontre souvent une autre forme de violence : La maltraitance passive. Elle est rarement nommée… mais pourtant omniprésente.

Elle concerne autant les humains que les animaux :

  • Besoins émotionnels ignorés
  • Absence de sécurité
  • Incompréhension des besoins fondamentaux
  • Attentes inadaptées

Ce n’est pas de la malveillance volontaire. Mais ses effets peuvent être profonds. Et c’est souvent là que tout commence.

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Comprendre ce qui se joue… pour transformer.

Ce que nous disent toutes ces études, au fond, ce n’est pas seulement qu’il existe un lien entre deux formes de violence. C’est qu’il existe un terrain commun :

  • Des blessures non régulées
  • Des émotions débordantes
  • Des schémas relationnels appris
  • Une difficulté à entrer en relation avec le vivant

Et c’est précisément là que se situe mon travail.

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Une approche globale : humain et animal, un même équilibre.

Accompagner un humain à retrouver un état d’être plus apaisé, plus stable, plus conscient…

C’est aussi agir indirectement sur :

  • Sa relation à son animal
  • Sa posture éducative
  • Sa capacité d’écoute
  • Sa manière d’entrer en lien

Et inversement : Observer la relation à l’animal permet souvent de comprendre l’humain.

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Et si on changeait de regard ?

Et si, au lieu de cloisonner violences humaines d’un côté et violences animales de l’autre, on acceptait de voir un seul et même langage relationnel en difficulté ?

Non pas pour juger. Mais pour comprendre. Et surtout, pour agir autrement.

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S.O.S - En cas de violences : des aides existent

Si vous êtes témoin ou victime de violences, ou si vous suspectez une situation préoccupante, il est important de ne pas rester seul(e). Des dispositifs existent pour vous écouter, vous accompagner et agir. Les violences envers les animaux et les violences humaines sont souvent liées. Signaler une situation, c’est parfois protéger plusieurs vies à la fois.

⚠️ Un point important - Demander de l’aide n’est pas un aveu de faiblesse. C’est un acte de protection. Pour soi, pour les autres… et pour le vivant.

📞 Urgences immédiates

  • 17 : Police / Gendarmerie
  • 112 : Numéro d’urgence européen
  • 15 : SAMU (urgence médicale)
  • 18 : Pompiers

👤 Violences faites aux humains

  • 3919 – Violences Femmes Info
    Numéro gratuit, anonyme, accessible 24h/24
    Écoute, information et orientation pour les femmes victimes de violences
  • 116 006 – Aide aux victimes
    Numéro national pour toute personne victime (violences, agression, accident…)
    Accompagnement juridique, psychologique et social
  • 114 (SMS)
    Numéro d’urgence accessible par SMS pour les personnes ne pouvant pas parler (ou en danger immédiat)
  • Plateforme : arretonslesviolences.gouv.fr
    Chat en ligne avec des professionnels (policiers/gendarmes formés)

🐾 Violences faites aux animaux

  • S .O.S Maltraitance animale : En cas d’urgence, appelez le 3677
    👉 https://3677.fr/
  • SPA
    👉 https://www.la-spa.fr
    Signalement de maltraitance, conseils et accompagnement
  • Fondation Brigitte Bardot
    https://www.fondationbrigittebardot.fr/

    Signalement de maltraitance, conseils et accompagnement
  • Fondation 30 Millions d’Amis
    👉 https://www.30millionsdamis.fr
    Signalement en ligne + actions juridiques
  • Police nationale / Gendarmerie nationale
    👉 En cas de maltraitance grave ou urgente : composez le 17


Article rédigé par Valérie Cantaloube


 
Références scientifiques (sélection)

  • Monsalve et al., 2017 – revue de littérature (96 études)
  • Cleary et al., 2021 – revue systématique violence conjugale / maltraitance animale
  • Ascione et al., 2007 – étude sur femmes victimes de violences
  • Gallagher & Allen, 2008 – étude sur femmes en refuge
  • Currie, 2006 – exposition des enfants à la violence
  • DeGue & DiLillo, 2009 – cruauté animale comme signal d’alerte
  • Bright et al., 2018 – lien avec traumatismes infantiles (ACEs)
  • Oellig et al., 2024 – pratiques vétérinaires face au “Link”
  • CNR BEA – ressources professionnelles
  • AMAH – sensibilisation et outils terrain
  • ANSES – rapports sur comportement et bien-être animal